Alors, c’est quoi le Myanmar?

On 19 février 2014 by From elephants to kangaroos

Après 27 jours passés ici (sur les 28 autorisés par le visa), voici ma vision de ce beau pays.

imageLe Myanmar, c’est l’ancienne Birmanie, que l’on ne devrait plus appeler ainsi depuis la fin de la colonisation britannique mais ce nom reste malgré tout utilisé par les touristes. C’est un pays où règne une junte militaire, qui du point de vue des touristes les empêche d’aller dans certaines parties encore fermées du pays. En-dehors de ça et de multiples contrôles de passeport lors des trajets en bus ou aux GH, vous ne ressentez pas du tout cette pression militaire et les gens n’ont pas l’air (en tout cas en apparence) d’en souffrir.

imageLe Myanmar, c’est une diversité de paysages extraordinaires. Forêts, montagnes, rizières, lacs, mers et plages superbes, champs, campagnes, villes, vous en avez pour tous les goûts! Ultra coloré et vivante, cette nature ne pourra vous laisser de marbre.

Le Myanmar, c’est un retour en arrière, comme un pays qui s’est arrêté dans le temps. Ici, pas de machine pour cultiver les terres ou construire les maisons, tout se fait avec les mains des hommes (et du temps). Vous pourrez ainsi voir les paysans cultiver leurs terres avec des bœufs qui tirent les charrues, moment magique…

imageLe Myanmar, c’est une accumulation de traditions. Les locaux se mettent du thanakha sur le visage et parfois sur le corps pour se protéger du soleil. En rond, en traits, couvrant tout le corps, les techniques sont différentes mais l’idée est toujours la même. On ne joue pas beaucoup au football mais on pratique le chinlon avec une balle plus petite en bambou. Les hommes s’habillent avec des longyis, sorte de grandes jupes, et on peut aussi voir des gens se promener en pyjama dans la rue. Et c’est aussi ces feuilles de bétel avec de la chaux à l’intérieur que les locaux mâchent toute la journée en crachant à longueur de temps partout dans les rues des jets rougeâtres bien écœurant.

imageLe Myanmar, c’est la religion. Les habitants dépensent entre 10 et 30% de leur (faible) revenu mensuel pour ça. Donations au monastères, dans les pagodes, aux moines… Il est important d’aller régulièrement prier dans les pagodes près de son signe de naissance (qui dépend de votre jour et heure de naissance), de se lever tôt le matin pour donner à manger aux moines qui passent dans la rue et j’en passe. Le bouddhisme est partout, dans toutes les villes, dans toutes les maisons avec un endroit réservé au bouddha (et attention à ne pas dormir les pieds face au bouddha, ça porte malheur!). Quant aux pagodes…impossible de les rater, vous en trouverez absolument partout! Par centaines ou par milliers selon la ville, de toute taille, dorée toujours. Bouddha couché le plus grand du monde, bouddha assis, bouddha serpent, bouddha debout, jardin de bouddhas, grottes de bouddhas, là encore il y en a pour tous les goûts. Enfin, vous vivrez au milieu des moines qui se trouvent soit dans leur monastère, soit dans les rues (parfois sur un scooter, au téléphone, à fumer leur clope!). Pas une journée sans en croiser plusieurs dizaines mais le plus impressionnant reste de les voir dans leur monastère au moment du déjeuner ou lors de méditation.

imageLe Myanmar, c’est un pays qui tente de faire face à l’arrivée massive des touristes. Depuis l’ouverture du pays, 250 000 personnes sont venues le visiter la 1ère année, ils en attendent 2 millions cette année! Les hôtels se construisent à la chaîne, les gens tentent d’apprendre l’anglais, le wifi s’installe, les prix sont parfois inégaux et parfois flambent du fait de la non concurrence et de la non connaissance du marché. En revanche, il est encore bien difficile d’atteindre certaines zones du pays, les transports n’étant pas encore optimisés et certaines zones étant fermées / à contourner.

imageMais avant tout et surtout, le Myanmar, ce sont ses habitants. Des gens extraordinaires, d’une gentillesse rarement (jamais?!) rencontrée, qui ont l’air profondément heureux. Au 1er abord, ils peuvent paraître fermés et durs. Mais dès qu’ils se mettent à sourire, leurs visages s’illuminent et ils rayonnent. Et ici, les gens ne parlent presque pas anglais et au-delà du Birman, il y a de nombreux dialectes selon la tribu. Mais un langage reste universel: le sourire! Et quoi qu’il arrive, ils ont soif de communiquer avec vous et tenteront donc quelques mots en anglais quand vous vous essayerez au Birman!
imageCes habitants m’auront offert de beaux moments tout simples tels que ces femmes qui, dans les bus, assises à côté de vous, insistent pour vous offrir des fruits, cet homme lors de l’ascension du golden rock qui m’a vu manger et à qui j’ai donné ce qu’il me restait des gâteaux et qui en échange m’a offert son bâton de pèlerin pour achever ma montée, ce moine rencontré dans un petit temple de Bagan avec qui j’ai discuté 30min et qui m’a offert son collier de prière, que je suis retournée voir le lendemain pour lui donner des roupies indiennes (il était passionné de monnaie étrangère), Mimi cette habitant de Bago qui avait envie de tout connaître sur moi, ce couple à Inle chez qui on a dormi avec qui on a beaucoup ri même sans se comprendre, cette femme qui m’a regardée pendant 2min en souriant et qui s’est finalement lancée en me disant « You are really beautiful » et est repartie avec ce même sourire, ces enfants à Hpa-an avec qui j’ai joué au foot et tant d’autres…

Seuls points négatifs de ce pays, parce que oui il y en a 2 majeurs à mon goût: comme me l’a dit un jour une myanmaise, les gens n’ont aucune discipline, et c’est le cas de le dire… Tout le monde vous pousse, ça klaxonne dans tous les sens, pas de politesse, et les gens crachent et se mouchent dans la rue, chose plus ou moins commune en Asie avec laquelle je ne me fais décidément pas… Et on parle aussi tout le temps du travail des enfants en Chine. Je crois qu’il faudrait que quelqu’un commence à s’intéresser à ce problème ici. J’ai été assez choquée de voir des enfants de tous âges travailler dans les restaus, les shops, les bateaux et autre…tout autant que de voir des femmes porter des poids hallucinants sur leur tête quand les hommes sont à côté à ne rien faire.

imageDonc en résumé, pour moi, le Myanmar, c’est le bazar coloré de Yangon, le superbe trek entre Kalaw et Inle entre paysages splendides et partage avec les populations, le calme et la découverte de cette vie incroyable construite sur le lac Inle, le lever de soleil depuis le temple Bulethi à Bagan à redevenir enfant en regardant les montgolfières voler au-dessus des milliers de temples, les jus de fruits frais devant le coucher de soleil de la sublime plage de Ngapali, la longue marche dans les rues de Bago à découvrir la vie et discuter avec des myanmais après avoir observé les moines en ligne attendre leur déjeuner, les 3h30 de marche difficile pour atteindre le Rocher d’Or à Kinpoon qui est du coup une jolie récompense une fois en haut, la splendeur de la campagne verte au milieu des montagnes au volant de ma motobike libre comme l’air à Hpa-An et enfin le bouddha le plus grand du monde de Mawlamyine assez impressionnant. C’est aussi 1 bateau et 10 bus pour traverser le pays soit environ 84h de transport, sans compter les taxis / motobikes / bus locaux et autres moyens de transports pris par ci par la!

gtoupeEt c’est encore une fois toutes les merveilleuses rencontres que j’y ai faite, d’abord avec les locaux mais aussi avec Claire, Adeline et Kevin, le couple US vu et revu aux détours de chemins, Nadine, Matthieu, David et Emanuela, Patrick et Nathalie, le dîner avec le couple de pêcheurs nîmois, le couple polonais du golden rock, Tom & Naomi, Mark & Jenny, Fancy & Fabien, Pascal et bien sur, l’un de mes coups de cœur rencontres, Wojtek et Kasia!!!

Vous l’aurez compris, j’ai eu, comme beaucoup de touristes, un vrai coup de cœur pour imagece pays. C’est un pays tout simplement merveilleux! Tout à voir, rien à jeter! Venez le visiter, promenez-vous dans les petits villages, mangez leur nourriture excellente, prenez votre temps. Jouez avec les enfants, arrêtez-vous à un café quand quelqu’un vous interpelle, même si vous n’arrivez pas vraiment à communiquer, ces gens ont soif d’apprendre et de contacts. Et avec tout ce qu’ils ont enduré et endurent encore, ce n’est qu’une petite chose que de leur accorder ce temps que vous ne regretterez jamais!

Je n’ai pas eu le temps de voir toute la partie nord du pays, ça me donnera une occasion de plus pour revenir et aller découvrir ainsi Mandalay et sa région, le nord est et Mrauk u, et mon camp d’éléphants, en espérant que d’ici quelques années, tout ça soit accessible plus facilement aux touristes! Et qui sait, d’ici la, il y aura même sûrement de nouveaux endroits ouverts que je pourrai donc découvrir…

Pour conclure, comme me l’a dit quelqu’un, « le Myanmar, ça se mérite« . Ce n’est peut-être pas facile d’y venir, de s’y déplacer, vous passerez des heures interminables dans les bus pour des distances pourtant pas si grandes, les prix ne sont pas ceux qu’on attend. Mais quelle belle récompense quand vous arrivez à l’endroit voulu…

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